Atelier Mouv’art
La seconde année est celle de l‘approfondissement. L’écriture, comme le désir d’écrire ont progressé. Ce qui semblait inaccessible il y a un an est atteint, souvent dépassé. L’écriture est davantage abordée sous son aspect formel même si la part est maintenue belle à la création et aux jeux. Des projets collectifs sont proposés, des textes plus ambitieux sont rédigés.
Actuellement le groupe est en 4ème année, travaille le thème de la Nouvelle et se nomme « Mouv’Art » du nom de l’association qui nous y accueille gentiment dans son local
Liste des écrivants ayant posté des textes sur le site
Liste des écrivants ayant publié des textes sur le site
obsession de crevasse
Travail sur le dialogue : Dialogue : Obsession sur le mot « crevasse » à partir de la photo de deux adolescents(garçon et fille) assis face à face sur les rails d’une voie de chemin de fer. Horizon bouché. -Sympa, cette petite halte, hein ? -Ouais, ouais, très romantique ! -Et tu fais quoi dans la vie ? – Ben, disons que je cherche ma voie… -Ah ! je vois ! Peut- être la SNCF ? -le p’tit train train quotidien… Merci, très peu pour moi ! -Et t’as pas que’qu’chose qui t’intéresse ? -Si ! Le ski, hors...
read moreTante Jeanne
à l’occasion de son 98ème anniversaire, l’atelier Littéraire de Mémoires de Bourgogne, par la plume délicate de Marité, rend hommage à sa doyenne bien aimée Tante Jeanne « Comment va-t-elle ? Sera-t-elle à l’atelier aujourd’hui ? La voilà, elle arrive ! » De loin, on l’aperçoit sur la passerelle Ses mains serrent pieusement son sac sur son cœur Ses deux jambes tricotent à un rythme d’une régularité absolue Elle trône, telle une reine Visage radieux, œil pétillant...
read moreLe Trou de la lune
Courson-les-Carrières n’était pas le seul pays des carrières. Le banc devait s’étaler sur une dizaine de kilomètres. Nombre de petits villages avaient leur carrière souterraine entourée de légendes et de superstitions. Nous allions souvent au hameau du Suchois, perché sur une colline d’où l’on voyait Vezelay. On y montait par un chemin large et caillouteux, nécessaire aux paires de bœufs qui descendaient les blocs jusqu’à la nationale. C’était toujours une joie de monter au Suchois, où nous...
read moreLa Quille Bon dieu !
Du bleu-bite récemment débarqué à l’ancien cuit de soleil, ne cessait de monter une injonction désespérée, vaine et imaginée en un lointain espoir : « la Quille Bon dieu ! ». Elle hantait les dortoirs, secouait les salles de séjour, montait de l’ascèse ténébreuse des chiottes : « la Quille Bon dieu ! » La Quille était, paraît-il, le nom du bateau qui ramenait – rarement – les forçats chez eux, une fois accomplies la peine et ses éventuelles prolongations. La Quille, c’était la joie, la...
read moreTous ces palais déserts…
Tous ces palais déserts, ces canaux envasés, ces ciels de suie sur tous ces toits rouillés, j’ai vu, vous l’ai-je dit, j’ai vu Venise en feu, j’ai vu l’unique instant, j’ai vu la forêt foudroyée des mille campaniles s’effondrer dans le sang. J’ai vu sur la lagune un océan de flammes, s’embraser les gondoles aux amours éperdues , j’ai vu dedans mon rêve mille autres histoires folles où j’allais chavirer aux souvenirs passés… J’ai revu mon enfance au crépuscule Montciel, le soleil coup coupé derrière la...
read moreAdo en internat
– 1940 – Déroute de l’armée française, exode, occupation allemande, Français humiliés, restrictions, réquisitions ; une année que tous les anciens ont en mémoire comme une plaie qui fut longue à cicatriser ; c’est précisément cette année-là, qu’en novembre, je me suis retrouvée en internat à Auxerre ; j’ai déjà évoqué cette sombre rentrée, le regret de quitter mon village, ma famille, mon école et mes camarades ; tout cela mêlé pourtant à un sentiment de bonheur : je vais...
read morePique-nique de pèlerins
Bon, ben, les amis, c’est pas maintenant qu’on va trouver une épicerie ni un bar, et pas un bled avant 7 ou 8 kilomètres. Oh, là là ! J’en peux plus, moi, j’crève la dalle ! Yes, François! on aurait dû prévoir un bocadillo avant de partir ! On ne pourra plus dire que partout où y a une église, y a un bar… A force de vouloir marcher léger, pour le coup, c’est notre estomac qui va être léger ! Eh, les gars, vous avez quoi dans le sac ? Moi, j’ai du beurre ! il reste un petit peu, depuis 2 jours, pour mes...
read moreUne nuit
Par cette belle nuit de printemps, tout est calme, tout est tranquille, tout le monde dort. Pourtant on dirait bien que l’on entend quelque chose… Hum, hum, hum… Tendons l’oreille… Mais oui, en effet, on entend des bruits de voix et cela provient du clocher de l’église… Qui ose parler de cette façon à une heure aussi incongrue ? Quel groupe d’hurluberlus a gravi les sept échelles vermoulues du clocher pour aller tenir une réunion tout là-haut ? Qui argumente et discutaille, sans se soucier...
read moreCornebise
Cornebise Lorsque je pense à mon grand père, tout d’abord c’est son pantalon de gros velours tenu par des bretelles qui m’apparaît, puis sa moustache broussailleuse sous sa casquette élimée, et alors c’est sa voix que j’entends, et qui crie Cornebise ! Le décor peut changer. Il peut être dans l’étable ou dans son atelier poussiéreux. Cornebise ! Une vache a renversé le seau de lait. Cornebise, le clou qu’il tenait entre ses doigts tremblants vient de disparaître dans une fissure....
read moreUne vie dans les mains
Ce matin, à proximité de la cuisine, assise, seule près de la table qui attend les légumes à éplucher, dans la salle de restaurant encore déserte, me vient l’idée toute simple, un peu saugrenue, de regarder mes mains alors inactives ; je pense au « travail » que je vais accomplir aujourd’hui, m’interrogeant sur l’outil qui me servira : des souvenirs ? Des gestes ? Des mots ? Des idées ? Ou simplement mes mains que je trouve banales et cependant utiles. Des mains comme nous en avons tous ; elles...
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