Textes courts

Ni poème, ni nouvelle, ni extrait, le texte court est une forme littéraire brève qui correspond souvent au premier jet d’une création. Il peut être l’ébauche d’un texte plus ambitieux,  il peut demeurer aussi en l’état, témoin privilégié d’un chemin littéraire.

J’ai fermé ma porte à double tour

Posté par on 02 / 05 / 2020 de Marie Batllo, Textes courts | 0 commentaire

J’ai fermé ma porte à double tour, déroulé mes volets de fer et je me suis couchée dans le lit couvert d’ un terreau noirci de feuilles putréfiées. L’obscurité m’éclaire dans un rayon diamétralement opposé à la jouissance divine. Je sens venir sur moi l’envahissement de ténèbres desseins. Le néant bienfaisant dont je n’aurais pas dû naître se rappelle à moi satisfait de sa bonne blague de bastringue. Ma sensibilité ne refoule plus le trop-plein infectieux. Je sens venir un mélange de...

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Elle paraissait se multiplier

Posté par on 24 / 04 / 2020 de Marie Batllo, Textes courts | 0 commentaire

Elle paraissait se multiplier. Son pas de faucheuse la portait partout dans une sorte d’ubiquité. Dégoulinante, puante,  entre la mélasse et le suif poisseux elle avait fait des ravages dans le Nord, elle se dirigeait vers le Sud, cette planète n’obéissait pas à la même attraction que la terre. Selon d’imminents savants, l’invasion  moitié liquide moitié solide de cette matière se répandait logiquement verticalement. Et quelle importance, c’était foutu! Personne n’avait vu venir...

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Rien de visible à l’horizon

Posté par on 30 / 01 / 2020 de Marie Batllo, Textes courts | 0 commentaire

Rien de visible à l’horizon Rien de visible à l’horizon pourtant il était bien là tapi dans l’ombre odorante et glacée. A tâtons, mes doigts engourdis s’aventuraient somnambules, une lueur frissonnait comme pour m’empêcher d’atteindre le but suprême de mon aventure. Tout à coup le Saint Graal se nicha dans la paume de ma main, il s’y lova, des pépites de sel égratignèrent  ma ligne de vie et la motte onctueuse en fondit de plaisir. Sur un plateau les tartines offertes savouraient à...

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Les Cloches

Posté par on 27 / 01 / 2020 de Jean Marie Tremblay, Textes courts | 0 commentaire

Ce matin-là, la vallée retentit de sonorité de cloches. À la volée, puis lentement comme un glas. Il y en avait plusieurs, au moins deux, peut-être trois. Ce qui étonnait c’est que jamais il n’y avait eu de cloches dans notre vallée, ni même d’église. Le père Félicien fut le premier à venir sur la place et à tendre l’oreille pour chercher d’où venait ce son. Il fut rejoint par Honorine tenant son dernier dans ses bras, et suivie par les cinq autres. Bientôt, il y eut foule. Non que la place fut un...

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L’oiseau m’a appelé, je suis venu. (çonneries)

Posté par on 04 / 12 / 2019 de Jean Marie Tremblay, Textes courts | 0 commentaire

L’oiseau m’a appelé, je suis venu. (Çonneries…) L’oiseau m’a appelé, je suis venu. Depuis que j’ai mis ce pépiement comme sonnerie, quand c’est elle qui m’appelle, j’obéis à l’oiseau. J’ai bien fait. Imaginons que j’aie choisi une sonnette comme celle qu’on utilisait dans les maisons bourgeoises, pour appeler les domestiques ! Ding ! J’arrive Madame ! Madame désire ? Là, je peux toujours me raconter que c’est l’appel de la forêt,...

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La lettre inviolée

Posté par on 01 / 11 / 2019 de Jean Marie Tremblay, Textes courts | 0 commentaire

La lettre inviolée En rangeant les affaires personnelles d’un proche qui vient de mourir, vous découvrez, rangée à part d’autres courriers, une enveloppe libellée à son adresse et qui n’a jamais été ouverte. Rédigez ce courrier. Lucien, Je ne parviens plus à me parler, il faut bien que je m’écrive. Mais je n’ai pas envie de commencer un journal intime, un discours en pointillés où tu remettras toujours une couche sur la mienne. Je préfère que tu reçoives une lettre de toi, à laquelle tu ne pourras...

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Nuage

Posté par on 10 / 03 / 2019 de Muriel Koch, Textes courts | 0 commentaire

Même les nuages prenaient la forme de son visage. Elle ne l’avait aperçu qu’une fraction de seconde, malgré elle, ce début d’enfant. Une vague forme blanche sur fond noir, un haricot, c’était bien ça. Elle n’avait pas voulu attendre et voir le scintillement cadencé de ce minuscule cœur en marche. Elle était sorti de l’hôpital, tout c’était bien passé selon la formule consacrée. Non, cela s’était juste passé et depuis elle voyait son visage partout. Des joues rebondies, des yeux...

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Même les nuages prenaient la forme de son visage…

Posté par on 08 / 03 / 2019 de Marianne, Textes courts | 0 commentaire

Tout allait de travers. Il s’était levé du mauvais pied. Et depuis, ce n’était qu’une avalanche de catastrophes. Il avait fait le café en oubliant de mettre le filtre. Résultat : une boue infâme. Puis il avait brûlé les deux tranches de pain qui lui restaient. Quand il avait voulu prendre sa douche, pas d’eau chaude ; le chauffe-eau était en panne. Douche froide. Il avait cherché sa serviette sans la trouver. Le linge propre attendait patiemment dans la machine qu’il l’étende. En claquant des dents et en clignant des...

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Même les nuages…

Posté par on 06 / 03 / 2019 de Jean Marie Tremblay, Textes courts | 0 commentaire

Comment l’oublier ? Même les nuages prenaient la forme de son visage Même les arbres caressaient le ciel de ses bras Même les rivières ruisselaient de son rire Et c’étaient toujours ses pas qu’évoquaient les secondes de chaque horloge Et à mon oreille, ma montre son cœur Elle s’était imprimée à la source du monde Avait donné son nom à chaque chose Sa voix à tout bruissement Et sa peau à toute surface, jusqu’à la pêche, à l’étal du maraîcher Pourtant, son...

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L’Ouragan désinvolte

Posté par on 15 / 02 / 2019 de Jean Marie Tremblay, Textes courts | 0 commentaire

Consigne : En quelques paragraphes, décrivez l’attente, puis le déchaînement d’un cyclone, et enfin les deux jours qui lui succèdent. Au choix : de façon journalistique / de façon décalée / de façon familiale / de façon poétique / à la manière d’un polar / de manière désinvolte / de façon excessive / de façon romanesque.      L’ouragan (désinvolte) Parait que ça va souffler, tout le monde se claquemure. Sauf moi. Les voilà tous à visser du contreplaqué sur leurs fenêtres, à...

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