Marie Batllo
Un linge en huit vers
Consigne : un linge en huit vers Un linge en huit vers. Je sèche au vent Corde à sauter Je saute souvent Vent alizé Je cherche maman En tablier à fleurs Pan, pleure. Voilà, voilà. 02 décembre 2016 – poésie – Marie Batllo Mais aussi, toujours par Marie qui adore essorer les consignes : Un ver en huit linges. Un ver à soie Se tortillait Sur une épaule dénudée Tiens se dit il La belle aubaine A habiller Filons mitaines Et hydrophiles. et encore… Un vert linge en huit. Je vêts des écolos En vert Il...
Lire plusMaintenant je peux mourir
Maintenant je peux mourir J’ai vu les yeux de ma mère S’effacer. C’est assez m’a t’elle dit, Dans un souffle de vendredi. Maintenant je peux mourir J’ai vu les yeux de mon père Pleurer Dans ce corps amaigri, Raidi, en un jour de mercredi. Maintenant je peux mourir J’ai vu les yeux de mon frère Vidés De toutes émotions ravies Un sale jour de samedi. Maintenant je peux mourir J’ai vu les yeux d’amis Caracolés En orbite toupie Lundi, mardi, jeudi…. Maintenant je peux mourir Mes...
Lire plusUn singe en huit vers
Consigne : un singe en huit vers Je sens mauvais Je suis laid Je suis un chimpanzé Mais je me fais Moins chier Que l’homme humanisé Qui descend du chimpanzé Qui depuis a cessé de rigoler. Mais aussi…. Babouin De loin Bonobo Chaud Chimpanzé Étonné Ouistiti Pas pris! et encore… Misère de singe Les yeux embués D’un voile de linge Cloués dans une cage Par des sauvages Peu recommandés Misère d’homme Peuplé de symptômes. 20 novembre 2016 – Ludotextes & Poésie – Marie...
Lire plusJ’ai une prothèse, qui coûte du pèze…
J’ai une prothèse Qui coûte du pèze A la sécurité sociale. La sécurité sociale C’est moi La complémentaire santé C’est moi L’invalidité C’est encore moi Les impôts c’est moi La TVA c’est moi La solidarité c’est donc moi ! Vous et moi. Et comme je suis solidaire avec moi Je me fais soigner De la tête aux doigts de pieds Du fémur à la hure. Tout ça était prévu Et anticipé. Piégés On a marché. Travaillé Pour emprunter Emprunter Pour...
Lire plusSi je gagne…
Consigne anaphore : si je gagne Je gagne à être connue, c’est dommage je ne suis plus. Je gagne en héritage les coquillages de toutes les plages. Je gagne en fin de compte le solde de la honte. Je gagne sur tout normal, j’ai tout. Je gagne un frère, le nouveau du monastère. Je gagne le 7ème ciel, encore plus haut, encore plus haut…… Je gagne, je perds, je gagne, je perds, j’erre. Je gagne tout le temps, je suis immortelle éternellement. Je gagne du fric pardon, je gagne du fric. Je gagne du terrain,...
Lire plusAdios
Adios Oú sont mes parents disparus Envolés comme des hirondelles Comme des hirondelles effleurant la nue. Mes filles, mères devenues Envolées comme des hirondelles Comme des hirondelles effleurant la nue. Où sont mes amis par venus Envolés comme des hirondelles Comme des hirondelles effleurant la nue. Ma jeunesse aux ans dissolus Envolée comme une hirondelle Comme une hirondelle effleurant la nue. Mes amants prétendus éperdus Certifiés inconditionnels Inconditionnels...
Lire plusChut…
10 avril 1956, après un hiver glacial, un poupon né de frais s’époumonait d’étonnements divers dans les bras de sœur Marthe à l’hôpital St Germain d’Auxerre. Ce jour là, la poitrine de Jacques sonnait à la volée, sa joie illuminait ses pas en lévitation de bonheur. Il était un papa d’une espèce en voie d’interrogation. Une fille, bizarrerie de la nature pour un papa comme celui là. Une gamine, une drôlesse, une demoiselle après trois frères et deux fils, une princesse. Sa maman...
Lire plusLa vie n’est plus pour moi
La vie n’est plus pour moi. Chaque jour je me bats contre le vent qui fait perdre le nord, je suis lasse de mon humeur qui valdingue de haut en bas. A mi chemin, sur le fil d’enfer je rate souvent la marche, je me rétame à fleur de peau et je retombe, pauvre carcasse enchaînée aux déplaisirs solitaires. Tantôt, je voltige légère en bons mots, la bonne figure qui plaît aux gens. Tantard, je dois taire, cacher, me censurer sous peine de déjections verbales. Match nul, balle au centre. Pour accéder au milieu, je dois me...
Lire plusPour toujours
Pour toujours, Je le savais, le subodorais, le redoutais et paf, mon extralucidité s’est réalisée! Le présent jusqu’à ma propre mort s’éternisera sans mon père et sans ma mère ! J’ai souvent pensé qu’au grand jamais je ne leur survivrai. Je suis là en vie et j’ai beau essayer d’arrêter de respirer, de m’allonger en posture de gisant affligé, mon pouls clapote incessamment sans mon consentement. Je suis là, dépitée de tant d’absence ! Comment suis je sensée le supporter ? Un...
Lire plusPapa, t’es mort?
Papa, papa, t’es mort ? Papa, non papa pas encore, attend un p’tit peu, juste une minute, soixante secondes, j’t’en supplie retiens ton souffle sinon tu vas me faire pleurer, j’ne veux pas pleurer, tu n’as pas le droit de m’faire pleurer ou alors tu devras me consoler avec tes bras comme autrefois. Je pleure dedans à l’endroit qui serre les tripes et les viscères, vois papa ce que tu vas faire de moi! T’es décédé, t’es cédédé, arrêtes t’es pas drôle ! J’ai...
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