Marie Batllo

Papa est mort

Posté par on 10 / 07 / 2016 de Marie Batllo, Textes courts | 0 commentaire

Papa est mort, je déambule dans les rues, papa est mort. Il a risqué sa vie à vouloir absolument  vieillir. Mais quelle idée de s’éterniser au lieu de se reposer, peinard, dans le satin  d’un cercueil ciré. Papa est mort, je déambule dans les rues, papa est mort. Si encore il s’amusait à jouer aux dés, à la marelle de la terre jusqu’au ciel! Mais quelle idée de regarder la télé ensommeillé et faire fi du prix de l’électricité. Papa est mort, je déambule dans les rues, papa est mort. J’y...

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Mes amis d’écriture,

Posté par on 05 / 07 / 2016 de Marie Batllo, Poesie | 4 commentaires

Mes amis d’écriture, Papa s’est éteint Hier soir, dans ma main. Rejoindre sa colombe, Son fils, Mon frangin. Il avait préparé sa tombe, Pour éviter de surcroît au chagrin Les démarches qui incombent à ses enfants, en ces instants, petits Lutins. Il retrouvera le cimetière Où il travailla naguère, en avait fait un gruyère Pour y planter, Paul, Jacques, Alice et Pierre, Amis, voisins, parents, étrangers. Chablis était son paradis, Amis, levons hauts nos verres à la vie sur terre et à mon père Absent de corps Présent...

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L’embryon

Posté par on 04 / 06 / 2016 de Marie Batllo, Nouvelles | 3 commentaires

  Le mot est lâché, embryon, je suis un embryon. Jusqu’à présent, si ma mémoire est bonne, j’étais divisé avec moi-même. Un rencontre fortuite a provoqué mon existence. Cette rencontre était inespérée, croyez moi ! Je n’aurai pas payé un kopeck sur la possibilité de cette éventualité. Si on remonte le temps, je n’avais aucune chance un jour de voir le jour même de nuit. Et pourtant, il ne peut en être autrement. Je devais naitre exactement quand j’allais naitre. Sinon il aurait fallu que...

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J’attends…

Posté par on 30 / 05 / 2016 de Marie Batllo, Textes courts | 0 commentaire

J’attends. Ce n’est pas son genre de manquer le rendez-vous et pourtant il n’est pas là Et j’attends! J’avais hésité à venir, ça faisait des semaines que j’y pensais. Plus j’y réfléchissais, plus j’étais persuadée, Non sans pétocher qu’il fallait assumer. C’était comme cela que l’on m’avait éduquée. Si je voulais continuer dans un miroir à me mirer, je devais au plus vite me débarrasser de cette envie de recommencer. Au besoin me flageller. Pour être au...

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à Gérald

Posté par on 26 / 05 / 2016 de Marie Batllo, Nouvelles | 0 commentaire

Je suis sortie de l’hôpital un lundi matin. Je m’étais arrangée pour que la transition entre l’hôpital psychiatrique et le milieu commun soit la plus douce possible. Mes calculs servent les tentatives au retour à l’ordinaire inaccessible  du piteux sensible mortel que je fuis. Revenir, toujours revenir de peur d’y rester. Je n’en reviens pas de me maintenir à la surface du cloaque, les narines à fleur d’eau, je respire encore. Le petit déjeuner avalé, les papiers de sortie signés, je saluais mes...

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Fin de met

Posté par on 10 / 05 / 2016 de Marie Batllo, Poesie | 0 commentaire

Où suis je? Tel Christophe Colomb découvrant l’Amérique, me voilà perdu en un  lieu atypique, un endroit vicié, Boudiné, vrillé comme une corde de condamné. Je sens le piège se refermer d’un spasme régulier. Qu’est devenu ma saveur d’une pincée salée, Suspicieusement poivrée, Mon onctuosité ? J’avance angoissé à une cadence contractée. Jamais au grand jamais ainsi on m’avait traité. J’étais à peine né, que me voilà ratatiné, piétiné, mélangé, parsemé d’intrus...

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Anniversaire

Posté par on 12 / 04 / 2016 de Marie Batllo, Poesie | 0 commentaire

Ce soir, 11 avril 2016, j’atteins l’âge de 60 ans et un jour. Jamais je n’aurais imaginé enfant, Atteindre ce temps, que le vent sans détour Embobina au fil des ans, défilants A la vitesse de la lumière, du son ultra court A la bourre et à rebours loin des comptes pétrifiants. Je piétine, je piaffe, j’appelle à mon secours Les aïeux, les potes et mes amours défunts Je leurs gémis les mots cruciaux du tout petit enfant J’embirlificote mon corps au vent Je m’enfouis en moi, à chacun son tour Un...

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Le temps de l’orage

Posté par on 13 / 02 / 2016 de Marie Batllo, Poesie | 0 commentaire

Il est revenu le temps de l’orage Impétueux moments du mental carnage Avec ses peines, ses indomptables cafouillages Il est revenu le temps des larmes De honte et de sombre rage Il est là, toujours là, tapi, ce sournois vacarme Entêtantes connexions calaminées Je te hais Tu reviens à la charge Triomphant , la gueule jamais rassasiée Mais les mots paradent et parent ton insatiable avidité Je décortique inlassablement l’alphabet Je te malmène et t’éructe à gorge déployée Je sais, tu renaîtras de tes cendres Un...

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à l’ombre de la Terre

Posté par on 07 / 02 / 2016 de Marie Batllo, Poesie | 0 commentaire

A l’ombre de la terre La lune se terre A l’ombre de la lune La terre s’annule A l’ombre du soleil Le ciel veille A l’ombre du ciel Les nuages sommeillent A l’ombre des nuages Les oiseaux péagent A l’ombre des péages Les autos garagent A l’ombre des garages Les moteurs caravanent A l’ombre des caravanes Les chameaux musulmanent A l’ombre des musulmanes Les hommes jerricanent A l’ombre des jerricans Le pétrole se terre dans l’ombre A l’ombre de l’ombre La...

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29 mai 1431

Posté par on 27 / 01 / 2016 de Marie Batllo, Textes courts | 0 commentaire

29 mai 1431, Jeanne implorait le ciel qui l’avait sacrifiée, rebelle. Elle suppliait de laisser ruisseler l’eau en pluie jusqu’au surlendemain. Elle avait prié, Jeanne, longuement, éperdument afin que l’ondée à jamais ne cessât de tomber. Dans ce cachot de misère, bergère, improvisée guerrière trahit par son roi aux gaies manières, mais comment s’était elle retrouvé dans cette galère? A la grâce de Dieu, elle avait quitté père et mère, affublée d’un habit de fer. Elle batailla à la vie à...

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