Textes courts
Ni poème, ni nouvelle, ni extrait, le texte court est une forme littéraire brève qui correspond souvent au premier jet d’une création. Il peut être l’ébauche d’un texte plus ambitieux, il peut demeurer aussi en l’état, témoin privilégié d’un chemin littéraire.
La chasse au gibier d’eau
Consigne : Incipit de Barbey d’Aurevilly. Les Diaboliques :« Il y a terriblement d’années, je m’en allais chasser le gibier d’eau dans les marais de l’Ouest… » Il y a terriblement d’années, je m’en allais chasser le gibier d’eau dans les marais de l’Ouest. C’était au crépuscule d’une vie très ancienne. C’est bien ça qui est terrible ! Pour la chasse, c’est peut-être mieux de partir à l’aube. On a toute la journée devant soi pour boire et saucissonner, prendre l’air et crapahuter,...
Lire plusl’arbre à pleines mains
Consigne:décrire un lieu (réel ou imaginé)particulièrement étrange Un arbre, un arbre qui se dessine à plusieurs mains, une cascade sur le coin gauche, une fleur qui en jaillit, des empreintes de doigts, roses jaunes bleus verts, un soleil, un soleil immense qui n’en finit plus d’éclater ses rayons, des mots qui s’écrivent qui s’effacent « tu es sourd ? je suis aveugle touche mes doigts ? entends moi je te vois tu es là? » « Je ne suis pas »Elle est assise, sa tête dodeline, elle crie « je ne suis pas !...
Lire plusJ’aurais aimé me souvenir
J’aurais aimé me souvenir de TOI, penchée sur mon berceau, ton visage nimbé de sourires attendris. De tes mains m’élevant contre ton sein d’où jaillissait le lait que je tétais goulûment. J’aurais aimé me souvenir de TOI, guidant de tes doigts agiles le flot de tissu fleuri qui coulait sous le pied de biche de ta Singer . Robe que tu créais pour moi, le soir, après le travail. J’aurais aimé me souvenir de TOI, coquettement vêtue, ton élégant chapeau penché sur ton front lisse, ta voilette fine telle...
Lire plusOéba (haut et bas)
Consigne : Décrire un lieu particulièrement étrange (réel ou imaginé) Oéba C’est un lieu où le haut est le bas. D’ailleurs, c’est son nom : « Oéba ». « Haut et bas », c’est une gravure de M.C. Escher. Elle représente une courette avec un escalier. Un homme est assis dessus, au milieu, et parle avec une femme appuyée sur le rebord d’une fenêtre. Dehors on aperçoit un arbre, un palmier. Car ce n’est pas un lieu où dehors est dedans. Du moins pas le monde… j’allais dire...
Lire plusLe Poisson rouge
« Intérieur, bocal au poisson rouge » est mon tableau préféré de Matisse. Le bocal est posé sur un haut tabouret, près d’une fenêtre. Derrière, on aperçoit les volutes du balcon et, plus loin, dans la lumière, la Seine avec des escaliers y conduisant. Mais je vais trop vite, il y a d’abord l’intérieur de la pièce, une chaude pénombre avec des coussins et des murs aux délicats tons de bleus, et ensuite seulement il y a l’éclair du poisson, qui vous conduit dehors, jusqu’à la Seine....
Lire plusOrage
Un violent orage s’abat sur la campagne, détruisant de sa puissante foudre les arbres desséchés qui ne sont plus que flammes. Le ciel devient lugubre. Plus un seul chant d’oiseau. Le vieux saule n’entend plus le clapotis de l’eau au bord du ruisseau. Les roseaux se couchent désespérément sur les orties qui s’envolent en lanières brûlantes. et soudain le calme : comme une princesse apparaissant à sa fenêtre, la nature s’apaise et au loin s’aperçoit la plaine ondoyante des blés...
Lire plusL’animus l’anima
L’animus l’anima (Et vice-versa) à partir d’un dialogue repris dans le Baron Perché d’Italo Calvino Mais qu’est-ce ? Un chat ? Ce n’est qu’un homme, rien qu’un homme ! Les hommes miaulent à présent ? Non mais ils soupirent. Pourquoi ? Qu’est ce qui te manque donc ? Ce que tu as. Quoi donc ? Viens ici je te le dirai. Et il l’embrassa. Elle ne comprit pas. Parfois les hommes voudraient ne plus en être. Ah oui ? Et pourquoi ? Parce qu’être un homme c’est usant à la longue… Parce...
Lire plusOn disait de lui qu’il avait tout raté…
Effondré dans l’un des fauteuils de la bibliothèque, un verre de whisky à la main, Edwin était complètement anéanti. Cette soirée lui avait semblé interminable. Dés le début du dîner, servi dans l’élégante salle à manger, il s’était senti mal à l’aise. Des regards de connivence s’échangeaient entre les invités, des phrases se chuchotaient dans son dos. Il avait compris qu’une rumeur circulait : on disait de lui qu’il avait tout raté et qu’il était complètement...
Lire plusCeux qui l’avaient croisé, disaient qu’il était grand…
Ceux qui l’avaient croisé, disaient qu’il était grand… Enfin, ceux qui disaient ça, c’étaient ceux qui pouvaient encore parler… Parce que, malheureusement, la plupart de ceux qui l’avaient croisé étaient revenus complètement patraques. Et bien, oui, forcément, quand on est un géant, grand comme une maison à deux étages, avec d’aussi grands bras, d’aussi grandes jambes et surtout d’aussi grands pieds, forcément, dés qu’on remue un petit peu, on écrabouille les gens qui...
Lire plusLa Marque sur le mur.
Difficile, comme ça, placée très haut, de voir de quoi il s’agissait. Elle débordait des toits, sur le pignon encore plus haut d’un vieil immeuble adjacent. Les caprices du temps et le poids répété des ans avaient eu raison de sa jeunesse et même les yeux affûtés des enfants, dans une scrutation prolongée, ne distinguaient pas clairement. Les couleurs étaient parties. Seules subsistaient, à de rares endroits, quelques traces noirâtres , peut-être quelques vestiges d’un lointain incendie… La pierre avait été gravée,...
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