Marie Batllo
A Force
A force… Ma force c’est d’avoir sauté sous les pavés de granit gris aux éclats de mica d’un poêle en fonte marronée…. Ma force c’est de situer le pôle nord à l’intersection des artères mortes au champ d’honneur…. Ma force c’est de songer sans rêver au jour de la libération de l’attraction lunaire…. Ma force c’est de laisser au temps d’exclamer du bout des lèvres une ridule extravagante…. Ma force c’est de blesser mon amour propre...
Lire plusL’autruche
J’ai été pondue sous un soleil de plomb. Comment puis je le savoir puisque je suis à l’état embryonnaire, cela restera un mystère que d’aucun ne viendra éclaircir car personne ne fut témoin de mon bref semblant de vie. Et pourtant je livre des émotions somme toute très relatives, à moins que cela soit l’auteur de ce texte qui fait des suppositions à ma place, ce qui donc ne prouve en rien de la réalité de mon existence. Il serait facile de dire que ma vie a tenu uniquement en un mot et s’est...
Lire plusLe paon de trop
Un jour de grand vent un paon atterrit dans ma cour. À ma grande stupeur ce paon ne faisait pas le paon. Il volait de l’aile gauche et sautillait de la patte droite, comme blessé. Quand je voulus l’approcher il mobilisa toute son énergie pour me fuir. Mais la claudication du volatile me sembla tellement ridicule que je fus pris d’un fou rire qu’il n’apprécia guère. Il fit volte-face et d’un air furibard me fit front. Mon rire redoubla à la vue de cet oiseau peu commun, défiguré en plus d’un...
Lire plusL’automne
L’automne Il fait tellement doux Sur ma peau des joues Que le vent bisou Frissonne mon cou Entre chien et loup Mon pas, le filou Envole mes dessous Jusqu’à mes genoux Il fait tellement doux Que je fais coucou Aux très vieux matous Comme aux jeunes grigous Quand il fera doux Au grand Manitou Je dirai thank you Pour tout tes tons roux! 11 octobre 2018 – poésie – Marie...
Lire plusLes non dits
Les non dits C’est arrivé sur le chemin. La rencontre était fortuite, seuls les insectes présents ce jour là furent témoins et encore uniquement les rescapés. Pourtant aucun ne voulut témoigner. La faucheuse, elle, avait tout vu, du haut de ses grandes pattes. Juchée sur une herbe folle elle n’en crut pas ses mirettes. Le soleil brûlait. Une abeille sauvage se calfeutrait à l’ombre d’un bleuet attendant une heure concevable à son devoir de butinage qu’elle avait négociée avec son chef...
Lire plusla dernière séance…
C’était la dernière… Comme un retour de vacances, une fin de soirée… Faire durer, étirer les heures puis les minutes à l’infini, quant aux secondes les tolérer que longues comme quand on attend un amoureux étourdi. Se retrouver seule, triturer son cerveau et ranger le meilleur à côté du beurre, du miel et du caramel. Ces moments de douceur apaisent les mots gredins qui lambinent dans mon coeur. Espérer le retour infaillible des amis dénués des maux sensés nous faire sentir encore vivants. Et si vous mourrez,...
Lire plusVoilà c’était la dernière.
Voilà c’était la dernière. Comme un retour de vacances, une fin de soirée… Faire durer, étirer les heures puis les minutes à l’infini, quant aux secondes les tolérer que longues comme quand on attend un amoureux étourdi. Se retrouver seule, triturer son cerveau et ranger le meilleur à côté du beurre, du miel et du caramel. Ces moments de douceur apaisent les mots gredins qui lambinent dans mon coeur. Espérer le retour infaillible des amis dénués des maux sensés nous faire sentir encore vivants. Et si vous...
Lire plusOrteil d’Or 2018 Dis donc Dick !
Dis donc Dick ! (Orteil d’Or 2018 et deuxième ex-æquo du prix des lecteurs) Un matin d’août 2020, Bébert s’éveilla tout chiffonné avec un arrière-goût de rosée de chagrin. Sous l’arche du pont Paul Bert, côté rive gauche à Auxerre, il avait installé son pied à terre estival. Bébert avait une certaine inclinaison pour l’aménagement des espaces, il avait été vendeur chez IKEA. Il plia le carton lui servant de matelas, mais attention soigneusement, en conservant les pliures initiales. Il enroula...
Lire plusSouvenirs de l’île d’Oléron
Chers parents, Je me suis fait des camarades. Je fais ma prière tous les soirs avec l’abbé Résina. Il est très gentil mais je ne comprends pas toujours ce qu’il me fait faire. Un soir je n’ai pas voulu manger des salsifis, comme punition j’ai fait la vaisselle, ça tombait bien car le plongeur s’est sauvé avec le jardinier mais j’ai bien rigolé avec le chef cuistot, il m’a appris une chanson « la digue du cul » ça doit être un endroit sur l’île. Quand je rentrerai, on ira...
Lire plusIntense
Intense Sentir l’intense sur les chemins frais aux ailes des amoureux Voir l’intense de l’iris bleu dans l’eau d’un ton camaïeu Toucher l’intense les doigts poisseux des bas incestueux Entendre l’intense au delà du mur des sons ralala Goûter l’intense des langues déliées sous la torture épicée Je veux l’intense jusqu’au soir de la vie quand l’imperceptible me soufflera des frissons d’honneur avec pour tout bagage un duvet de hasard boiteux. Bises du bord de...
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