Même les nuages…

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06 / 03 / 2019
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Comment l’oublier ?

Même les nuages prenaient la forme de son visage

Même les arbres caressaient le ciel de ses bras

Même les rivières ruisselaient de son rire

Et c’étaient toujours ses pas qu’évoquaient les secondes de chaque horloge

Et à mon oreille, ma montre son cœur

Elle s’était imprimée à la source du monde

Avait donné son nom à chaque chose

Sa voix à tout bruissement

Et sa peau à toute surface, jusqu’à la pêche, à l’étal du maraîcher

Pourtant, son absence hurlait le vide de cet univers à son image

Car elle manquait partout, dans ce trop plein d’elle

Car c’est ce manque qui donnait forme aux nuages

Voix aux rivières et talons aux horloges

C’est toujours en creux que le monde la dessinait

Dans l’empreinte qu’elle y avait laissée, il n’y avait rien d’elle

Pas même le souvenir d’un parfum

De la trouver ainsi partout et nulle part, mon cœur se dissipait

Aspirant à ne devenir aussi qu’une trace sans substance

Un mot sans objet

De la rejoindre dans l’absence

Si je n’étais plus, si je ne la cherchais plus dans chaque chose

Les nuages reprendraient leur cours aléatoire

Les rivières le bruit de l’eau

Et les horloges le fil du temps.

05 février 2019 – Textes courts – Jean Marie Tremblay

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