Une Princesse

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27 / 06 / 2018
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Une Princesse

La lueur du jour naissant donnait aux quais d’Auxerre une atmosphère inhabituelle. A moins que… ?

Son attention s’éveilla. Non, ce n’était pas la lumière. Quelque chose avait vraiment changé. Mais quoi ?

Il laissa s’échapper une bouffée de fumée tout en profitant de la brise estivale qui soufflait à travers sa chemise et son short. Il secoua négligemment sa cigarette laissant tomber un peu de cendre dans l’eau.

L’eau ? Elle était maintenant rougeâtre. Le ciel ? Encombré maintenant de quelques masses sombres. Les quais ? Auparavant déserts, ils étaient maintenant envahis de marchands ambulants, de marins déchargeant d’immenses navires en bois, de mendiants quémandant leur pitance à même le bois des q… Les quais étaient maintenant constitués de bois ! Il n’était plus à Auxerre, mais ailleurs…

Les habits des passants lui étaient étrangers, à la fois simples et sophistiqués, ils cachaient parfois des proéminences bizarres que ce soit au niveau du crâne ou du dos comme si …

-Vous êtes en état d’arrestation pour port d’habits non réglementaires, entrave au bon fonctionnement du port et port d’une arme interdite par la loi.

Un garde massif, avoisinant les deux mètres, portant une tunique rouge ainsi qu’une coiffe munie d’une plume azur, menaçait maintenant Édouard avec un étrange bâton gris métallique.

-Mais qu’est-ce… ?

-Vous portez des habits laissant clairement voir vos mains, vos jambes et vos pieds, vous traînez au beau milieu du passage, empêchant ainsi les marins et les clients de passer, et vous êtes armé d’un bâton de… hum… bâtonnet de feu. La loi est claire ! Même les étrangers doivent connaître et se soumettre à la loi sous peine de finir en prison.

-C’est que… aie ! S’exclama Édouard en se frottant le derrière.

-Voilà ce que ça fait un vrai bâton de feu, bon, maintenant direction la prison. Et que ça saute. sinon je vais te rôtir les fesses.

Édouard profita du trajet pour observer la ville à l’aspect moyenâgeux : la plupart des bâtiments étaient constitués de bois, de chaux et de chaumes, ou parfois de tuiles. Il était bien rare de trouver des structures en pierre ou même en marbre comme l’était l’hôtel des guildes ou l’église « la porte de l’Oeuf ».

Le garde au début très strict s’amusa devant la curiosité d’Édouard et se mit à jouer les guides touristiques.

C’est ainsi que notre Auxerrois découvrit les quais aériens où d’imposants dirigeables échangeaient marchandises et voyageurs, la taverne « Aux mille délices » où ils mangèrent quelques plats exotiques, le palais où vivaient le roi et sa fille…

Mais au détour d’une rue, alors qu’Édouard admirait encore les colonne de marbre noir du palais, il tomba à la renverse après s’être cogné contre quelque chose… ou plutôt quelqu’un. Sa capuche était retombée en arrière dévoilant d’étranges oreilles pointues et poilues, des yeux verts en amandes et un pelage blond qui semblait lui couvrir tout le corps mais c’était plus discret au niveau du visage. Le garde aida l’individu à se relever et il reparti en prenant bien soin de relever sa capuche et sans adresser le moindre mot suite à la bousculade.

Enfin, le garde présenta un dernier bâtiment : le colisée qui servait d’amphithéâtre, d’arène, de prison, de tribunal public et pour les exécutions qui prenaient, selon l’humeur du roi, la forme de spectacles. C’était donc ici qu’ils se rendaient, après moult détours. Le garde, toujours aussi prévenant lui offrit une petite collation avant de l’enfermer à double tour et de retourner patrouiller dans la ville. Ce garde avait été bien gentil , trop gentil peut-être.

Les heures passèrent et le bout de ciel visible à travers les barreaux se teinta d’orange puis de rouge.

-C’est l’heure, s’exclama le garde en ouvrant la porte de la cellule, le visage impassible.

Il noua les poignets d’Édouard dans son dos avec une corde, puis il le dirigea jusqu’au centre du colisée.

Là, il le fit s’agenouiller brusquement. Édouard leva le regard jusqu’à la loge du roi. C’était un homme fier à la stature imposante. A coté de lui se tenait probablement sa fille. Leur regards se croisèrent. Ce… c’était la personne qu’il avait heurtée au coin de la rue. Une petite couronne cachait partiellement ses oreilles pointues. C’était bien elle !

Le garde revint, armé d’une hache. Il fallait se rendre à l’évidence, Édouard allait être exécuté. Le garde ou plutôt le bourreau le fit installer la tête sur un billot.

Il leva son arme. Édouard ferma les yeux. La lame s’abattit sur lui.

Édouard se réveilla en sursaut. Il tenta de se lever mais un mal de crâne épouvantable le cloua au lit. Il observa prudemment autour de lui, il n’était pas chez lui, mais ailleurs. La chambre où il était semblait appartenir à un hôpital. Il avait du tomber des quais dans l’eau et on l’avait repêché, ça ne pouvait être que ça ! Il avait ensuite fait un mauvais cauchemar.

-Vous vous réveillez enfin !

Édouard tourna la tête vers l’infirmière qui venait d’arriver. Imp… impossible ! C’était la prin…

Il s’évanouit.

Kevin Coeur

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