Il était une petite fois, pendant la canicule, un type qui était assis devant une fenêtre ouverte.

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03 / 10 / 2012
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Il était une petite fois, pendant la canicule, un type qui était assis devant une fenêtre ouverte.
Il était une petite fois, pendant la canicule, un type qui était assis devant une fenêtre ouverte.”
Ce pourrait être le début d’un roman, pensé-je, après que cette phrase me soit venue en tête devant ce petit tableau d’Edouard Hopper.
Comme souvent chez ce peintre, et c’est ce que j’aimais, le temps semblait suspendu. Le type était assis là pour l’éternité.
Une petite fois, parce que la toile était réduite et l’instant apparemment insignifiant. Pourtant c’est lui qui avait envahi le musée, réduisant au silence les contrastes violents et les chevaux hennissant.
L’instant s’était étiré, installé et toutes les horloges du monde avaient cessé de battre. L’air avait cette épaisseur lumineuse qui n’appartient qu’aux étés torrides et aux peintres de la langueur.
Que regardait-il, ce type, par la fenêtre ? Aucune importance. Partout le même silence, la même torpeur. On pouvait penser qu’il contemplait l’immobilité du monde, et sa propre immobilité, où que se pose son regard.
A la place de ce type, j’aurais sans doute fermé les volets et cherché le coeur de l’ombre, loin de ces rayons étouffants. Mais il n’y aurait pas eu de tableau, ni de roman. Y en aurait-il jamais un, d’ailleurs ? Il faudrait que j’en parle à JM, il a toujours de bonnes idées. Oui, mais s’il me piquait ma phrase, comme l’autre fois ?
 1er octobre 2012 – Ludotextes & textes courts – Jean marie Tremblay
PS.
L’immobilité, ça dérange le siècle
c’est un peu le sourire de la vitesse
et ça sourit par lerche, la vitesse, en ces temps.
                 Léo Ferré – “Il n’y a plus rien

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